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PSYCHOLOGIE SOCIALE : LE GROUPE

4 générations
Résumé

PSYCHOLOGIE SOCIALE : LE GROUPE

VALÉRIE SAINT-DIZIER DE ALMEIDA, PR EN PSYCHOLOGIE SOCIALE DU TRAVAIL ET ERGONOMIQUE - U. LORRAINE

PLAN

Travaux sur les groupes (années 30-90) : Sociogramme de Moreno (1933), Grille de Bales (1950), structure des réseaux, taille optimale (3-12 membres), phénomènes (Janis, polarisation). Travaux actuels en psychologie sociale et du travail. Importance du pluridisciplinaire (foule/fouloscopie : Mehdi Moussaid).

EMERGENCE DE LA SOCIALE

L'intérêt pour l'étude des groupes vient de Mead (1863-1931), fondateur de la psychologie sociale, qui postule que l'Homme s'intériorise les normes sociales par l'échange verbal avec autrui, focalisant son objet sur la composante sociale de la conduite individuelle.

LE SOCIOGRAMME

Le sociogramme de Moreno (1933) mesure les affinités (attraction, répulsion, indifférence) au sein d'un groupe par l'étude sociométrique. Moreno (1889-1974) était un médecin d'origine roumaine.

LA DYNAMIQUE GROUPALE

Kurt Lewin (psychologue germano-américain) a conceptualisé la dynamique de groupe basée sur l'interdépendance des composantes (cognitives, affectives, opératoires). Les travaux de Lippitt & White (1943, 1965) ont étudié l'incidence du leadership (autoritaire, démocratique, laisser-faire) sur le climat social, la performance et la satisfaction. Actuellement, le leadership transformationnel impulse la créativité collective (Aebischer & Oberlé, 2021).

LA GRILLE DE BALES

Bales (psychosociologue, années 50) développa une grille à 12 catégories pour analyser les comportements en groupe restreint résolvant une tâche. Ces catégories se répartissent en 6 fonctions instrumentales (Apport/demande) et 6 socio-émotionnelles (amélioration/altération du climat social).

LES RÉSEAUX DE COMMUNICATION

Les premiers travaux (Bavelas, 1950; Flament, 1962) identifient 4 formes de réseaux, mesurables par l'indice de centralité. L'incidence des réseaux sur performance/satisfaction (Leawitt, Shaw) montre : pour tâche simple, réseau centralisé = meilleure performance mais faible satisfaction ; pour tâche complexe, réseau circulaire = meilleure performance et satisfaction. Les groupes tendent à s'auto-organiser vers la structure adéquate (Abric, 1984).

THÉORISATION ET PHÉNOMÈNES DE GROUPE ÉTUDIÉS

Les études portent sur le Conformisme (Asch), l'Effet Janis (1972), la Polarisation (Moscovici & Doise, 92), le Conflit socio-cognitif (Doise & Mugny), ainsi que la Coopération/coordination.

LE STYLE DE GROUPE : TRAVAUX APPLIQUÉS COOKE & SZUMAL (1994)

Ce modèle circulaire de style de groupe oppose des styles positifs (+) (Réalisation, Réalisation de Soi, Humanisme-Aide, Affiliation-Sociabilité) à des styles négatifs (-) (Approbation, Conventionnalisme, Évitement, Dépendance), et des styles neutres (0) (Perfectionnisme, Compétition, Pouvoir, Opposition).

ÉTUDES EXPÉRIMENTALES : GROUPES CRÉATIFS

Les facteurs influençant la créativité en groupe (tâche complexe) sont : Individuels : Disposition à la créativité et coopération, Motivation. Organisationnels : Nature de la tâche, Climat social, Leadership. Les travaux se concentrent sur l'ICC PTO (cf. ARCHE).

TRAVAUX PLUS RÉCENTS ET ACTUELS

Des domaines actuels incluent : L'animatique des groupes (Visscher, Faulx), l'Ergonomie avec les Compétences Non Techniques (CNT) pour situations à risque (Flin et al., 2008), le collectif comme levier de santé (Caroly), l'innovation (Gréselle-Zaibet), et l'intelligence collective pour tâches créatives, mesurée par des indicateurs de diagnostic (Saint-Dizier de Almeida et al., 2023).

Tableau 7 - CNT princeps (Flin et al., 2008) : Les compétences clés incluent Conscience de la situation (collecte/interprétation/anticipation), Prise de décision, Communication, Travail d’équipe, Leadership, Gestion du stress et de la fatigue.

Tableau 8 - CNT des IBODE (SPLINTS, 2010) : Exemple d'observation des comportements spécifiques (bons/mauvais) en contexte opératoire pour chaque compétence, comme l'assertivité dans la communication ou la gestion de la pression.

LE GROUPE DANS LE CHAMP DU TRAVAIL

Une équipe de travail se distingue par son degré d'autonomie et d'interdépendance. Sa maturation suit quatre phases successives (Savoie & Brunet, 2012) : formation, turbulence, normalisation, performance, avec risque de régression.

LES CLÉS DE LA PERFORMANCE ET DU BIEN-ÊTRE EN G/ET

Conditions favorables : Tâche adaptée au travail d’équipe et impliquant également les membres ; équipiers possédant compétences expertes et aptitudes à la coopération ; volonté d'engagement et proscription des comportements contreproductifs (critique, passivité). L'optimal réside dans l'autogestion des tâches complexes, favorisée par les Interventions Régulatrices Groupales (IRG : objectifs clairs, feedback, récompenses collectives) (Aubé, Rousseau, & Savoie, 2006).

LEVIERS EN CAS DE DYSFONCTIONNEMENTS

Les facteurs d'intervention se classent en trois catégories :

  1. Individuels (compétences, motivation).
  2. Propres au groupe (maturité, cohésion, autonomie, style).
  3. Externes (nature des tâches, IRG, cadre institutionnel).

ATTENTION DES CONSULTANTS (Management des équipes)

Comportements à susciter : En sphère socio-relationnelle (soutien, gestion conflits) et opératoire (planification, promotion de l'innovation). Ils augmentent efficacité et bien-être, réduisant le stress. Comportements à proscrire : Agressions, auto-valorisation, critiques, passivité volontaire. Ils induisent une attitude négative et peuvent générer une détresse psychologique (menace, isolement).

RÉFÉRENCES

BLANCHET & TROGNON (1994). Bales, R. F. (1972). Aubé, C., Rousseau, V., & Savoie, A. (2006).