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La Glycolyse

3 générations
Résumé

La Glycolyse

INTRODUCTION/GENERALTES

1. DEFINITION

La glycolyse est la voie du catabolisme oxydatif anaérobie du glucose en pyruvate ; toutes ses enzymes sont cytosoliques.

2. INTERET

Le glucose est source d'énergie et précurseur de molécules biologiques. Énergétiquement, elle produit 2 ATP/glucose en anaérobiose (jusqu'au pyruvate) ou 38 ATP/glucose en aérobiose (jusqu'au bout). Elle fournit aussi des précurseurs comme le glycérol 3-phosphate ou des intermédiaires pour les acides aminés (via le cycle de l'acide citrique).

3. ENTREE DU GLUCOSE DANS LA CELLULE

Le glucose provient de l'alimentation (postprandiale) ou du métabolisme (jeûne).

A. Origine alimentaire (postprandiale)

Le transport membranaire utilise les transporteurs GLUT (1 à 5).

  • GLUT1 et GLUT3 (affinité moyenne, non insulinodépendants) : présents partout, assurant l'entrée du glucose en toutes circonstances (surtout neurones et GR).
  • GLUT2 (foie, pancréas β) : actif en hyperglycémie postprandiale, non insulinodépendant.
  • GLUT4 (muscles, cœur, tissu adipeux) : forte affinité, insulinodépendant.

B. Origine métabolique (jeûne)

Le glucose provient de la néoglucogenèse hépatique (précurseurs non glucidiques) ou du Glucose 6 Phosphate issu de la glycogénolyse hépatique/musculaire.

I. ETAPES DE LA GLYCOLYSE :

La glycolyse comporte 10 réactions divisées en deux phases de 5 étapes : investissement énergétique (2 ATP consommés) et retour sur investissement (4 ATP produits).

2. REACTIONS ENZYMATIQUES DE LA GLYCOLYSE :

Phase d'Investissement (2 ATP consommés)

  1. Phosphorylation du Glucose (G6P) : Consomme 1 ATP. Étape limitante/régulatrice, irréversible. Catalysée par l'hexokinase (ou glucokinase dans foie/pancréas β). Le G6P phosphorylé ne traverse plus la membrane.
  2. Isomérisation : G6P (aldose) \leftrightarrow Fructose 6-P (cétose) par phosphohexose isomérase (réversible).
  3. Phosphorylation (F1,6BP) : Consomme 1 ATP. Réaction irréversible et point clé de régulation, catalysée par la phosphofructokinase (PFK1).
  4. Clivage : Fructose 1,6-bisphosphate est clivé en Glycéraldéhyde 3-Phosphate (GA3P, aldose) et Dihydroxyacétone Phosphate (DHAP, cétose) par l'aldolase (réversible).
  5. Isomérisation DHAP : DHAP \leftrightarrow GA3P par triose phosphate isomérase (réversible, équilibre vers GA3P). Une molécule de glucose produit 2 molécules de GA3P qui entrent dans la seconde moitié de la voie.

Phase de Retour sur Investissement (4 ATP produits, 2 NADH générés)

  1. Phosphorylation/Déshydrogénation : Le GA3P est phosphorylé en 1,3-bisphosphoglycérate (1,3 BPG) tout en produisant 1 NADH, H+^+ (soit 2 par glucose). Réaction réversible, catalysée par la GA3PDH (coenzyme NAD+).
  2. Phosphorylation au niveau du substrat : 1,3 BPG est transformé en 3-phosphoglycérate (3PG), produisant 1 ATP (2 ATP/glucose). Réversible, par phosphoglycérate kinase (PGK).
  3. Isomérisation : 3PG \leftrightarrow 2-phosphoglycérate (2PG) par phosphoglycérate mutase (PGM) (réversible).
  4. Déshydratation : 2PG \rightarrow phosphoénolpyruvate (PEP) par énolase (réversible).
  5. Phosphorylation au niveau du substrat : PEP phosphoryle l'ADP en ATP (soit 2 ATP/glucose) pour former le pyruvate. Cette étape est irréversible et constitue une étape limitante/régulatrice majeure, catalysée par la pyruvate kinase.

II. BILAN ENERGETIQUE DE LA GLYCOLYSE :

Pour une molécule de glucose, la glycolyse produit 2 pyruvates, consomme 2 ATP et génère 4 ATP et 2 NADH, H+^+. Le gain net est de 2 ATP (et 2 NADH).

III. DESTINEES METABOLIQUES DU PYRUVATE :

Le pyruvate a deux destins principaux :

  1. Aérobiose : Le pyruvate entre dans la mitochondrie pour être totalement oxydé via le cycle de Krebs et la chaîne respiratoire.
  2. Anaérobiose (absence d'O2) :
    • Fermentation lactique (chez l'animal) : Le pyruvate est réduit en lactate, ce qui oxyde le NADH, H+^+ en NAD+, permettant la poursuite de la glycolyse.
    • Fermentation alcoolique (chez les micro-organismes).

IV. REGULATION DE LA GLYCOSE :

La régulation adapte le débit glycolytique aux besoins cellulaires (ATP/précurseurs). La vitesse dépend de la disponibilité du glucose et du contrôle des réactions limitantes : les réactions 1, 3 et 10 (enzymes : hexokinase, PFK1, pyruvate kinase). La réaction 3 (PFK1) est la régulation majeure.

1. Hexokinase (Réaction 1) : Inhibée par son produit, le Glucose 6 Phosphate (G6P).

2. Phosphofructokinase-1 (PFK1 - Réaction 3) : Régulation allostérique.

  • Inhibée par : Citrate (signal faible demande énergétique du Krebs) et ATP (besoins énergétiques satisfaits).
  • Activée par : Fructose 2,6-bisphosphate (F2,6BP), dérivé du F6P via PFK2 (rôle purement régulateur).
    • Foie : Glucagon (jeûne) diminue le F2,6BP \rightarrow freine la glycolyse pour réserver le glucose aux glucodépendants. Insuline (postprandial) augmente le F2,6BP \rightarrow accélère la glycolyse.
    • Cœur : Adrénaline (activité) augmente le F2,6BP via PFK2 \rightarrow accélère la glycolyse.

3. Pyruvate Kinase (PK - Réaction 10) : Contrôle allostérique et phosphorylation/déphosphorylation.

  • Contrôle allostérique : Activée par Fructose-1,6-bisphosphate (flux glycolytique élevé) ; Inhibée par Acétyl CoA et ATP (énergie suffisante).
  • Contrôle par phosphorylation : Le glucagon favorise la forme phosphorylée inactive (freinage) ; l'insuline favorise la forme active (accélération).

V. ASPECTS PATHOLOGIQUES

Divers déficits enzymatiques héréditaires affectent les GR, provoquant des anémies hémolytiques (déficits en aldolase ou PK). Un déficit en PFK musculaire limite la capacité à l'effort. Le déficit en pyruvate déshydrogénase entraîne une accumulation létale de pyruvate et une acidose lactique.

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