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UE 401 : Grands Courants de la Psychopathologie

4 générations
Résumé

UE 401 : Grands Courants de la Psychopathologie

Sigmund Freud (1856-1939)

Freud, né le 06/05/1856 à Freiberg, étudia la médecine à Vienne (1873), travailla avec E.W. von Brücke, et pratiqua à partir de 1882, rencontrant Martha Bernays (mariage en 1886). Après des études histologiques (1883) et une formation parisienne avec Charcot à la Salpêtrière (1885-1886), il fréquenta W. Fliess (1886) et eut 6 enfants. Il traduisit Bernheim (1889) et publia Contribution à la conception des aphasies (1891). Avec J. Breuer, il publia Études sur l'hystérie (1895).

Jean-Martin Charcot (1825-1893)

Charcot fut fondateur de la neurologie moderne et précurseur de la psychopathologie, dirigeant un service à la Salpêtrière.

L'hystérie à cette époque

Sydenham (XVIIe) décrivait l'hystérie comme simulant une pathologie organique sans anomalie neurologique. Cullen (1769) la définissait comme un trouble du sentiment et du mouvement sans fièvre ni lésions discernables, dû à une altération nerveuse. Charcot réhabilita l'hypnose comme traitement.

Évolution de la théorie freudienne

En 1895, Freud rédigea l'essai inédit Esquisse d'une psychologie scientifique. Il nomma sa théorie "psycho-analyse" en 1896. Après la mort de son père, il publia L'Interprétation du rêve (1900) puis Psychopathologie de la vie quotidienne (1901). C.G. Jung et L. Binswanger adhérèrent à la psychanalyse en 1901. Freud publia Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), puis des études de cas (petit Hans 1908, Homme aux Rats 1909, Président Schreber 1911, Homme aux loups 1914). L'Association psychanalytique internationale fut créée en 1910. Freud entama la rédaction de la métapsychologie (1915) et publia Deuil et Mélancolie (1917). En 1920, il publia Au-delà du principe du plaisir et Psychologie des masses et analyse du Moi, élaborant la seconde topique. En 1923, diagnostiqué d'un cancer de la mâchoire, il écrivit Le Moi et le Ça. Suivirent Inhibition, symptôme et angoisse (1925, rencontre avec Marie Bonaparte), L'Avenir d'une illusion (1927), et Malaise dans la civilisation (1930). Ses œuvres furent brûlées en Allemagne (1933). Son dernier ouvrage fut Moïse et le monothéisme (1936). Suite à l'Anschluss (12/03/1938), Freud s'exila et mourut à Londres le 23/09/1939.

La Clinique de Freud : Charcot et l'Hystérie

Charcot distinguait l'hystérie de la simulation par l'hypnose, induisant des symptômes (anesthésie, brûlure, catatonie) contrôlables. La catatonie, un syndrome psychomoteur, présentait rigidité sans tremblements lors de l'inhibition, et plasticité flexible (catalepsie/léthargie) où le sujet maintient une position forcée.

Charcot attribuait l'hystérie à un choc traumatique provoquant une dissociation de la conscience. Le souvenir, inconscient de ce fait, menait à l'autonomisation d'une idée qui se réalisait en symptôme hystérique. Charcot démontra l'hystérie masculine (ex : le Forgeron, suite à une brûlure ; le Log, suite à une chute sans lésion organique mais avec conviction d'avoir été écrasé). Freud (1893) notait que l'hystérie "se comporte comme si l'anatomie n'existait pas". Les symptômes hystériques sont jugés plus "parfaits" que les organiques. Charcot établit l'équivalence entre hystérie et névrose traumatique, impliquant souvent la sexualité chez les femmes abusées. Il postulait une lésion dynamique (psychique) que Freud identifierait comme le refoulement.

Études sur l'hystérie : Breuer et Freud

La patiente Anna O. (Breuer) manifestait hallucinations, contractures, paralysie, et oubli de sa langue maternelle. Breuer constatait la disparition d'un symptôme (ex. impossibilité de boire) après avoir relié sa première occurrence à un événement précis (ex. scène avec le chien de la gouvernante). Ces liens pointaient souvent vers des situations liées au père mourant, suggérant un travail de deuil insuffisant.

Le cas de Lucy R. (Freud, 9 semaines, début 1892) présentait perte de l'odorat et hallucinations olfactives persistantes (odeur de brûlé). Le symptôme dérive de réminiscences. La première conversion (t1) survint après que son espoir d'idylle avec le directeur fut anéanti par une scène de réprimande concernant ses élèves ; le refoulement de cette pulsion d'amour laissa l'affect non lié. Lors d'un second événement (t2) rappelant t1 (un désir refoulé réémergeait), l'affect, devenu insupportable, se convertit en une sensation olfactive (odeur de cigare). Ce mécanisme se reproduisit (t3) avec l'odeur d'entremets brûlé quand un amour refoulé (renforcé par l'affection des enfants) fut confronté à la réalité. L'étiologie finale se résume ainsi : t0 (le directeur ne m'aime pas) → t1 (conversion olfactive cigare) → t2 (conversion olfactive brûlé, recouvrant t1). Freud conclut que l'interdit de penser refoule la représentation, ne laissant que la sensation olfactive et un état de lassitude.

Chez Katharina, les crises d'étouffement, pression oculaire/pectorale, et vertiges remontaient à la découverte traumatique de l'inceste entre son oncle et sa tante (16 ans). La peur intense créa un état hypnoïde, suivie de vomissements (substitut du dégoût) trois jours plus tard. L'accès phobique était lié à deux séries de réminiscences antérieures où l'oncle avait tenté de la séduire (à 14 ans, puis ivre). La compréhension soudaine du spectacle (coïtus) réveilla ces souvenirs, provoquant soulagement et apparition des symptômes de conversion (vomissements).

L'importance du psychosexuel

Breuer imputait l'inconscience des souvenirs à des états mentaux transitoires (fatigue), tandis que Freud postula un mobile à l'oubli, dominant la causalité sexuelle réelle ou fantasmée. Freud évolua, déclarant "Je ne crois plus à ma neurotica" (1897) : le traumatique réside dans le fantasme de l'enfant, potentiellement nourri par un imaginaire ambiant, même sans abus réel. Des lettres à Fliess (1893, 1897) confirment cette transition vers les fantasmes hystériques non compris immédiatement par l'enfant.

La Métapsychologie de Freud (1915)

Elle explore le Refoulement et l'Inconscient.

I. Le Refoulement

Le refoulement sépare la représentation et le quantum d'affect (énergie pulsionnelle). La représentation devient inconsciente, tandis que le quantum d'affect peut se convertir en angoisse ou autre affect. Le motif du refoulement est l'évitement du déplaisir.

Refoulement originaire vs. proprement dit : Le refoulement originaire refuse la prise en charge consciente au représentant pulsionnel, créant une fixation. Le refoulement proprement dit vise les rejetons psychiques du représentant refoulé ou des chaînes associées ; il s'agit d'un refoulement après coup.

Le refoulement exige une dépense persistante de force (contre-pression) pour équilibrer la pression continue du refoulé. La suspension de ce contre-investissement permet la formation du rêve.

II. L'Inconscient

Le noyau de l'inconscient est constitué des représentants de la pulsion. Dans la première topique, les représentants progressent de l'Inconscient au Conscient via le Préconscient. Les systèmes diffèrent par l'accès à la motilité : le système Conscient (Cs) accède à la motricité volontaire et l'émotion ; l'Inconscient (ICs) accède rarement à la motricité volontaire (lapsus, actes manqués) mais se dispute l'accès à l'émotion. Le symptôme (objet phobique, conversion, obsession) est une représentation substitutive et constitue un contre-investissement coûteux, permettant un retour du refoulé via des déformations.

Dynamiquement, l'Inconscient utilise le processus primaire (absence de contradiction, intemporalité, principe de plaisir), contrastant avec le processus secondaire (inhibition, ordre spatio-temporel, principe de réalité) du système Préconscient-Conscient. Le Préconscient sert de zone de délibération entre la pression inconsciente et la conscience.

La Psychanalyse en Contexte

Critiques et Scientificité

Freud et la psychanalyse font l'objet de critiques continues, notamment dans Le Livre noir de la psychanalyse (2005) et Le Crépuscule d'une idole (M. Onfray, 2010), qui dénoncent le manque de scientificité, les contradictions, la suspicion de fabrication de cas, et les tendances sectaires.

La scientificité est contestée par l'absence de validation expérimentale reproductible. A. Grünbaum (1992) critique la nature rétrospective du test psychanalytique, incapable de valider l'existence ou le rôle pathogène d'une expérience d'enfance. K. Popper considère la triade Moi/Surmoi/Ça comme mythologique, non réfutable. Inversement, Grünbaum s'oppose à Popper, estimant que certaines assertions peuvent être testées ; H. Shevrin a d'ailleurs testé l'influence inconsciente par amorçage subliminal. Une autre critique majeure est la circularité : utiliser des outils d'évaluation formés par la psychanalyse pour prouver ses propres hypothèses. Il est nécessaire d'employer des mesures indépendantes (cérébrales ou marqueurs psychiques non-contenus).

Quant à la scientificité moderne, la psychanalyse construit des modèles empiriques basés sur l'écoute (observation qualitative), similaire à la zoologie ou l'ethnologie. Des recherches récentes (Solms, Shevrin) ont cherché à valider le modèle métapsychologique.

Efficacité Thérapeutique

Le Livre Noir signale une faible efficacité comparative. Cependant, des auteurs comme F. Leichsenring et J. Schedler étayent l'efficacité de la psychothérapie psychodynamique. Les tailles d'effet sont comparables aux thérapies "étayées empiriquement," et les améliorations semblent durables même après traitement. Les résultats montrent que l'efficacité clinique est souvent indépendante de l'obédience théorique. Les PPP sont prouvées empiriquement efficaces à court terme et durablement sur les symptômes/personnalité pour la plupart des troubles psychiatriques, surpassant parfois la pharmacothérapie.

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