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Structure de l’atome en chimie générale

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Résumé

Le module de chimie générale, semestre I Pharmacie, aborde la structure de l'atome, la structure électronique, la classification périodique des éléments, la géométrie des molécules et la liaison chimique.

Structure de l'atome : La matière est constituée d'atomes, dont il existe 112 types, chacun défini par un nom et un symbole. La représentation d'un élément est ^A_Z X, où A est le nombre de masse (protons + neutrons) et Z le numéro atomique (protons = électrons dans un atome neutre). N est le nombre de neutrons. Les atomes diffèrent par leur structure et masse, et sont composés d'électrons, protons et neutrons. Les atomes s'associent pour former des molécules monoatomiques (He, Ne, Ar), diatomiques (H2, O2, NaCl) ou polyatomiques (H2O, H2SO4). L'atome est neutre, composé d'un noyau (protons + neutrons) concentrant la masse, et d'électrons en périphérie. L'électron a été mis en évidence par J.J. Thomson via les rayons cathodiques, émis de la cathode sous haute tension. Ces rayons sont rectilignes, transportent de l'énergie, et sont déviés vers le pôle positif, indiquant une charge négative. Stoney nomma ces particules "électron". Thomson et Millikan déterminèrent la charge (e = 1,602 × 10^-19 C) et la masse (me = 9,109 × 10^-31 kg) de l'électron. Le noyau a été découvert par Rutherford grâce à l'expérience de diffusion des particules alpha sur une fine feuille d'or. Geiger et Marsden observèrent une déviation à grand angle de certaines particules, Rutherford en concluant à un cœur atomique massif et chargé positivement. Le noyau est constitué de nucléons : protons (charge +e, masse mp = 1,673 × 10^-27 kg ≈ 1836 me) et neutrons (charge nulle, masse mn = 1,675 × 10^-27 kg). La masse de l'atome est concentrée dans le noyau.

Structure électronique de l'atome : L'excitation d'éléments produit des spectres d'émission atomique de raies monochromatiques discrètes. Le rayonnement électromagnétique est une onde caractérisée par sa longueur d'onde (λ) ou son nombre d'onde (σ), sa vitesse (c = 3.108 m/s) et sa fréquence (ν), avec λ = c/ν. La théorie des photons d'Einstein (1905) postule que le rayonnement se comporte comme un faisceau de particules (photons) d'énergie E = hν, où h est la constante de Planck. L'absorption d'un photon par un électron transfère son énergie. Si E > hν0 (travail d'extraction W0), l'électron est éjecté avec une énergie cinétique : 1/2 mv2 = h(ν − ν0). Le spectre d'émission de l'atome d'hydrogène est obtenu par décharge électrique dans un tube contenant de l'hydrogène. Le retour des atomes excités à des états d'énergie inférieure provoque l'émission de rayonnement. La relation empirique de Balmer-Rydberg décrit les longueurs d'onde émises : λ = B n2^2 / (n2^2 − 2^2), où B est une constante et n un nombre quantique principal. Le modèle de Bohr (pour l'atome d'hydrogène) postule des orbites circulaires stationnaires où l'électron ne rayonne pas. Les transitions électroniques entre niveaux d'énergie (ΔE = hν) entraînent émission ou absorption d'énergie. Le moment cinétique est quantifié : mvr = nh/2π. Le système est stable sous l'action des forces d'attraction et centrifuge. L'énergie de l'électron sur une orbite stationnaire est ET = − k Z e^2 / (2 r_n). Le rayon de l'orbite est rn = n^2 h^2 / (4 m k π^2 e^2) × Z. Pour l'hydrogène (Z=1), rn = n^2 a0, avec a0 = 0,53 Å. L'énergie des niveaux est E_n = − E0 Z^2 / n^2, avec E0 ≈ 13,6 eV. La relation entre le nombre d'onde et les niveaux d'énergie est 1/λ = R_H (1/n1^2 − 1/n2^2), où R_H est la constante de Rydberg (≈ 1,096 × 10^7 m^-1). Les séries spectrales de l'hydrogène sont Lyman (n1=1), Balmer (n1=2), Paschen (n1=3), Brackett (n1=4), Pfund (n1=5). Le modèle de Bohr, bien qu'arbitraire, a permis de calculer la constante de Rydberg et d'expliquer les raies d'émission de l'hydrogène, ouvrant la voie à la mécanique quantique. Le principe d'incertitude d'Heisenberg stipule l'impossibilité de définir simultanément position et vitesse avec précision (ΔP Δx ≥ h/2π). L'équation de Schrödinger (HΨ = EΨ) décrit la fonction d'onde (Ψ) et l'énergie (E) des électrons atomiques (orbitales atomiques). La fonction d'onde doit être normalisée. Les nombres quantiques (n, l, ml) définissent une orbitale atomique :

  • n : nombre quantique principal (niveau d'énergie, couche K, L, M...)
  • l : nombre quantique orbital (sous-couche, 0 ≤ l ≤ n-1; s, p, d, f)
  • ml : nombre quantique magnétique (-l ≤ ml ≤ +l) Un quatrième nombre quantique, ms (+½ ou -½), décrit le spin de l'électron. Pour les atomes polyélectroniques, l'équation de Schrödinger est résolue par approximation (ex: Slater avec Zeff). La configuration électronique suit des règles empiriques :
  • Règle de construction : remplissage des orbitales par ordre d'énergie croissante (principe de Pauli, règle de Klechkowski).
  • Règle de Klechkowski : ordre de remplissage des orbitales (1s, 2s, 2p, 3s, 3p, 4s, 3d...). Des exceptions existent (Cr, Cu...).
  • Règle de Hund : dans une sous-couche, les électrons occupent un maximum d'orbitales avec des spins parallèles avant d'apparier leurs spins. Notations de configuration : nl^x (ex: 7N: 1s^2 2s^2 2p^3). Règle de Slater : calcul du numéro atomique effectif (Zeff) et des propriétés atomiques (rayon, énergie d'ionisation). Zeff = Z - ∑ σij, où σij est la constante d'écran.

Classification périodique des éléments : Proposée par Mendeleïev en 1869, elle classe les éléments par propriétés chimiques analogues, expliquées par leur configuration électronique. Les lignes sont des périodes, les colonnes des familles ou groupes. Le tableau est divisé en blocs s, p, d, f.

  • Bloc s : colonnes 1 et 2, H, He.
  • Bloc p : colonnes 13 à 18 (sauf He).
  • Bloc d : colonnes 3 à 12 (métaux de transition).
  • Bloc f : lanthanides et actinides (transition interne). Familles notables :
  • Alcalins (IA) : ns1.
  • Alcalino-terreux (IIA) : ns2, tendance à céder 2 électrons.
  • Halogènes (VIIA) : ns2np5, tendance à capter 1 électron.
  • Gaz rares (colonne 18) : ns2np6 (sauf He), inertes.
  • Chalcogènes (VIA) : tendance à capter 2 électrons.
  • Métaux de transition : éléments du bloc d, conducteurs, haute densité, points de fusion/ébullition élevés.
  • Terres rares : lanthanides (4f) et actinides (5f).
  • Métalloïdes : sur la diagonale B-Po.
  • Non-métaux : H, C, N, O, P, S, Se. L'électronégativité (EN) mesure le pouvoir d'attirer un électron. Échelle de Mulliken : Xm = ½(El1 + EA). Référence : Fluor (XF = 4).

Géométrie des molécules : Théorie de Gillespie (RPEV) : La théorie de Gillespie (VSEPR) prédit la géométrie des molécules en se basant sur la répulsion des paires d'électrons de valence autour de l'atome central. Les paires liantes (l) et non liantes (nl) se repoussent et s'arrangent pour minimiser ces répulsions. La répulsion suit l'ordre : nl-nl > nl-l > l-l. La géométrie dépend de la somme m+n (nombre d'atomes liés + doublets non liants).

  • m+n=2 : Linéaire (AX2).
  • m+n=3 : Triangulaire plane (AX3) ou Coudée (AX2E).
  • m+n=4 : Tétraèdre (AX4), Pyramidal (AX3E), en V (AX2E2).
  • m+n=5 : Bipyramide trigonale (AX5), Bipyramide tronquée (AX4E), en T (AX3E2), Linéaire (AX2E3). Les positions axiales et équatoriales ne sont pas équivalentes. Les doublets non liants préfèrent les positions équatoriales.
  • m+n=6 : Octaèdre (AX6), Pyramide à base carrée (AX5E), Plan-carré (AX4E2), en T (AX3E3), Linéaire (AX2E4). Les doublets non liants se placent le plus loin possible les uns des autres. L'évolution des angles de liaison est influencée par :
  • Doublets non liants : diminuent les angles.
  • Taille de l'atome central : un atome plus gros diminue l'angle.
  • Différence d'électronégativité : plus X est électronégatif, plus l'angle diminue. Plus A est électronégatif, plus l'angle augmente.
  • Liaisons multiples : augmentent la répulsion et diminuent les angles des autres liaisons. Pour les molécules à plusieurs atomes centraux, on découpe la molécule en unités à un atome central.

La liaison chimique : Les liaisons fortes ont des énergies de dissociation de 200 à 500 kJ/mol.

  • Liaison covalente (ΔEN < 2) : mise en commun d'électrons entre atomes d'électronégativités voisines.
    • Covalence normale : chaque atome fournit un électron.
    • Covalence dative/coordination : un atome fournit un doublet.
    • Liaison σ : recouvrement axial d'orbitales (s-s, s-p, p-p).
    • Liaison π : recouvrement latéral d'orbitales p parallèles, empêche la rotation, moins stable que σ.
  • Liaison ionique (ΔEN > 2) : transfert d'électron entre atomes d'électronégativités très différentes, formant des ions.
  • Liaison métallique : mise en commun d'électrons entre de nombreux atomes d'électronégativités faibles, formant un réseau d'ions positifs dans une mer d'électrons.

Les liaisons faibles ont des énergies de 1 à 50 kJ/mol.

  • Liaison hydrogène : entre un H lié à un atome très électronégatif (F, O, N, Cl) et un autre atome très électronégatif voisin.
  • Liaisons de van der Waals : attractions/répulsions électrostatiques entre molécules polaires ou polarisables (dipôles permanents ou temporaires).
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