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Conf geria

2 générations
Résumé

Elles vont redéfiler. Et donc le but, c'est de vous donner la réponse et de vous injecter du discours un peu théorique. On présente ici le raisonnement gériatrique face à la chute chez la personne âgée, avec trois missions: 1) urgence à réaliser et traiter les conséquences de la chute dans les premiers jours d’hospitalisation; 2) urgence de rechercher le facteur précipitant; 3) étape essentielle mais non urgente: rechercher les facteurs prédisposants, modifiables ou non, pour prévenir de futures chutes. On rappelle que les chutes sont fréquentes, entraînent des mortalités directes et des coûts importants, et constituent une entrée privilégiée à la gérontologie clinique.

Cas clinique et premier enseignement

  • Femme de 83 ans tombe en montant ses escaliers; 5e chute sur les 3 derniers mois; chute avec perte de connaissance? non; trouble neurocognitif mineur avec retentissement sur l’indépendance; antécédents: AVC, HTA traité, diabète de type 2; poly-médication et poly-pathologie non majeure mais risque élevé de chutes.
  • Objectif: examiner comment organiser rapidement le raisonnement gériatrique autour de la chute et distinguer les éléments d’urgence des éléments prédisposants et précipitants.

Mission 1 (urgence): rechercher et traiter les conséquences de la chute

  • Conséquences physiques prioritaires: complications ostéo-articulaires; fracture éventuelle; syndrome post-chute; retropulsion et ankylose posturale pouvant entraîner perte de marche si non traités.
  • Conséquences psychiques: syndrome post-chute, peur de tomber, diminution de la mobilisation, impact sur l’autonomie.
  • Traitement d’urgence: traiter les complications et assurer la rééducation motrice et le soutien psychologique, avec remise en confiance et reprise de la marche.

Mission 2 (urgence): rechercher le facteur précipitant

  • Définition: facteur aigu ayant précipité la chute (jamais chronique).
  • Exemples: infection (URG), neuropathie, Covid-19, grippe, AVC, épilepsie, troubles métaboliques, toxiques, iatrogènes et comportements; causes extrinsèques (mobilier, tapis, aménagement).
  • Objectif clinique: identifier rapidement ce facteur aigu et le traiter (ex. sepsis, hypotension, autre cause cardiaque ou neurologique) car cela peut sauver la vie et prévenir de nouvelles chutes.

Mission 3 (non urgent mais essentiel): rechercher les facteurs prédisposants

  • Définition: facteurs qui rapprochent du seuil de chute mais ne l’expliquent pas seul; certains modifiables, d’autres non.
  • Facteurs non modifiables: âge avancé, sexe féminin, antécédent de chute, troubles de la marche; étiologies habituelles (neurologiques: hydrocéphalie à pression normale; neuropathie diabétique; syndrome cérébelleux; atteinte post-AVC; Parkinson; arthrose; rhumatologie).
  • Facteurs modifiables et à traiter: dépression et troubles de l’attention, asthénie, troubles cognitifs, dénutrition, polymédication, iatrogénie; certains médicaments cardiotropes (hypotension) et psychotropes (effets sédatifs) augmentent le risque de chute.
  • Conséquences et prévention: traiter les facteurs prédisposants pour prévenir les chutes futures; le raisonnement gériatrique applique les mêmes principes à d’autres syndromes (ex. confusion).

Points clés supplémentaires

  • Syndrome post-chute et prévention: les interventions kinésithérapeutiques et la rééducation motrice jouent un rôle crucial pour regagner la confiance et la mobilité.
  • Questions pratiques à l’épreuve: lors d’un épisode de chute, rechercher les facteurs précipitants par un interrogatoire ciblé (fièvre, douleur, vertige à la levée, toux, nouvelle médication, difficultés locomotrices, signes d’AVC, hypotension, douleurs thoraciques).
  • Éléments de raisonnement essentiel: distinguer facteurs précipitants (A à E), facteurs prédisposants, et conséquences; l’examen neurologique et l’évaluation cognitive restent centraux, tout comme l’évaluation nutritionnelle.
  • Fragilité et décision thérapeutique: la fragilité (ou vulnérabilité) est un concept clé, mesurable par le score Fried (perte de poids, fatigue/exhaustion, sédentarité, lenteur de marche, faiblesse de la préhension). La fragilité guide les décisions et peut être améliorée par la préhabilitation (nutrition, activité physique, soutien psychosocial).
  • ADL et EADL: dépendance mesurée par GIR (groupe iso-ressources; GIR 1 à 6) et par l’échelle AGGIR; APA (allocation personnalisée d’autonomie) versée par le Conseil départemental; CPAM et MDPH représentent les secteurs sanitaire et médico-social; aide technique et humaine nécessaires pour les activités quotidiennes et domestiques; distinction des aides financières et des soins.
  • Cas et échanges interdisciplinaires: l’évaluation peut impliquer gériatrie, neurologie, cardiologie et rééducation; l’objectif est d’éviter une décision purement fondée sur l’âge et d’évaluer la vulnérabilité et les possibilités de préhabilitation ou d’intervention adaptée (ex. TAVI pour sténose aortique serrée chez patient fragile; option endovasculaire plutôt que chirurgie ouverte avec sédation minimale).
  • Troubles cognitifs et imagerie: dans le diagnostic des troubles neurocognitifs, étiologies majeures prioritaires: maladies neurodégénératives (Alzheimer surtout typiquement mémoire, mais récupération et storage mémoire distingués), causes vasculaires (petites lésions vasculaires), et autres (encéphalopathies, hypothyroïdie, infections, pathologies rares curables). L’IRM sert à déterminer diagnostic différentiel, patterns d’atrophie (hippocampique, fronto-temporale), et signes vasculaires; les biomarqueurs du LCR (amyloïde, tau) et les tests en imagerie aident à confirmer ou infirmer Alzheimer et distinguer d’autres démences (maladie à corps de Lewy, démence frontotemporale, PSP, etc.). HAS recommande un bilan biologique initial et une IRM systématique; le recours au LCR est discuté selon les cas.
  • Dénutrition et ulcères: dénutrition clinique évaluée par perte de poids (5% en 1 mois ou 10% en 6 mois) ou IMC < 22; dénutrition sévère: perte de 10% en 1 mois ou 15% en 6 mois; albuminémie comme marqueur biologique; gestion nutritionnelle: apport calorique et protéines adaptés, suppléments oraux; recours à la nutrition entérale ou parentérale si nécessaire; les stades des plaies (stade 1 à 4) illustrent la gravité des lésions.
  • Besoins et vieillissement: les apports énergétiques des personnes âgées restent globalement comparables à ceux des sportifs de haut niveau; les besoins protéiques et en calcium et vitamine D peuvent être légèrement plus élevés; un équilibre des macronutriments (glucides environ 50%) est discuté, avec attention au risque de malnutrition et à l’importance des apports nutritionnels.

Synthèse opérationnelle

  • Lors d’une chute chez une personne âgée, on applique: 1) évaluer et traiter les conséquences immédiates; 2) identifier et traiter rapidement le facteur précipitant; 3) identifier et modifier les facteurs prédisposants lorsque possible; 4) évaluer la fragilité et mettre en œuvre la préhabilitation si nécessaire; 5) évaluer les dépendances (GIR/APA) et planifier les aides et protections juridiques le cas échéant.
  • Dans le cadre des conditions cardiovasculaires associées (ex. RA serré), les options d’intervention (TAVI vs chirurgie) se discutent selon le risque opératoire et le bénéfice attendu, avec préférence pour les solutions percutanées lorsque le patient est fragile.
  • L’évaluation cognitive est multidisciplinaire: tests cliniques, IRM, et éventuels biomarqueurs; l’objectif est d’éliminer les causes réversibles et d’établir le diagnostic fondé sur le pattern (hippocampique vs vasculaire vs autres) pour orienter la prise en charge et la prévention des chutes futures.
Révision cours: Conf geria